La Gouvernance Publique Responsable (GPR) : une alternative authentique et universelle pour des services publics et des institutions éthiques, humains et plus efficaces.
Dr. Stéphane Monney Mouandjo DG. CAFRAD Yaoundé Mai 2017

 Quelle gouvernance et quelles stratégies mettre en place pour une atteinte optimale des Objectifs de Développement Durable dans un contexte de tensions et de convulsions multiformes au plan international?

  1. Contexte et justification 

Les transformations actuelles du monde, des relations internationales et le rôle de plus en plus prégnant des technologies de l’information et de la communication ont donné lieu à de nombreux changements, aussi bien dans les formes de pensée que dans le mode d’organisation des sociétés. Ces mutations profondes ont elles aussi influencé, de façon substantielle, les relations interpersonnelles, lesquelles ont rejailli, de manière incidente, dans le rapport aux institutions, à leur conception, ainsi que sur la forme de leur articulation dans un environnement particulièrement changeant.

 

Le contexte de globalisation n’a pas non plus été épargné. Il en subi, d’ailleurs, une forte pression. Cette pression est notamment fondée sur une double tension intégrante concomitamment un brassage  exponentiel de populations et de cultures et la revendication de plus en plus forte de diverses identités, comme pour bien montrer que la globalisation, par elle-même, ne saurait aliéner, de façon profonde, les identités. Il semble, cependant, qu’en même temps qu’elle devrait générer une forme ou des formes nouvelles d’identités, elle ne devrait pas, brutalement, prendre à rebrousse-poil, les structures et cultures anciennes.

 

Dans cette dualité, semble apparaître, autant l’acceptation ou l’aspiration à un monde nouveau et fortement intégré, que le refus conjoint de la disparition des identités, par-delà le besoin et la pression, tout aussi nécessaires, qu’exerce le développement de la science et de la technologie.

 

De la même manière, il semble étrangement se développer, de façon rapide, les échanges commerciaux, comme sont facilitées les transactions et l’aspiration, plus que légitimes, des populations et des peuples, à une plus grande émancipation, au bien-être, et à une vie de qualité.

 

 Ces développements sont, en effet, la conséquence des possibilités qui s’offrent aujourd’hui, malgré les dysfonctionnements et les appétits nouveaux, que génèrent la profusion d’informations, désormais plus facilement disponibles et plus  accessibles que par le passé. Les tensions et convulsions qui en découlent sont donc compréhensibles et justifiées à certains égards. Elles traduisent ou expriment l’amorce d’une transition entre un monde ancien, arrivé à son apogée et qui, semble, tout à fait naturellement, amorcer, sa phase déclinante, et un monde nouveau, dont les prémisses, semblent poindre à l’horizon, avec leurs lots d’espoirs, d’espérances, mais aussi de craintes légitimes, pour ceux, notamment qui, jadis encore, apparaissaient comme les garants de cet ordre en cours d’obsolescence.

 

Ces développements traduisent aussi, la crainte ou  les appréhensions de ceux pour qui, la charge de la conduite de cette histoire, en pleine construction, va générer une réorientation des stratégies et faire éclore de nouvelles responsabilités et l’impératif de construire une pensée nouvelle, conduire, structurer, inspirer voire déterminer la nature et le devenir de ce monde nouveau. 

 

C’est de ces considérations que découle la contribution, désormais, indispensable à la redéfinition de stratégies et pratiques, plus inclusives et plus proches des aspirations actuelles, bâties autour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler les Objectifs de Développement Durable.

 

Ces objectifs, adoptés récemment par les Nations Unies et qui sont apparus comme une alternative plus pertinente aux Objectifs du Millénaire de Développement, constituent ou doivent désormais constituer, la trajectoire vers laquelle doit s’orienter la gouvernance souhaitée. Voilà pourquoi, ils se veulent, à la différence des autres, plus inclusifs et partagés par l’ensemble des peuples de l’Espace-Monde. 

 

La question de la transformation de la Gouvernance apparaît ainsi comme un impératif majeur. C’est à elle, qu’il appartient de définir, d’orienter et de mettre en œuvre, des stratégies nécessaires et voulues plus pertinentes, en vue de l’opérationnalisation de ces objectifs, dont l’ambition, est, par ailleurs, de concilier les aspirations globales avec les attentes locales.

  

Transformer la gouvernance devient donc une démarche indispensable, parce qu’à travers cette démarche, on pourra, désormais, permettre aux mécanismes d’organisation et de fonctionnement des institutions et des structures de production de la pensée, de la richesse matérielle et immatérielle, de contribuer à la construction de ce mode nouveau de fonctionnement des organes publics, privés ainsi que des institutions associatives  gouvernementales et non-gouvernementales.

Mais la question à laquelle il conviendra de répondre, une fois ces préalables admis, sera celle de savoir, comment y parvenir dans un environnement aussi hétéroclite, où s’entremêlent des considérations particulièrement variées. De même, conviendra-t-il de s’interroger sur le point de savoir, comment éviter que les réponses proposées, ne s’éloignent encore de la prise en compte de cette complexité, pourtant indispensable, à la mise en place de solutions efficaces et durables.

La transformation de la gouvernance, loin de n’être qu’une proposition de discussion, devient, dès lors, objet d’intérêt multiforme. Elle va permettre de construire une ou des perspectives nouvelles et innovantes, de nature à rendre compte, mais surtout de répondre, notamment, aux attentes de plus en plus pressantes et, par ailleurs légitimes, des populations et peuples d’Afrique.

Elle permettra aussi de repenser les habitudes et traditions, jusqu’alors en vigueur, d’en évaluer la pertinence et l’opportunité actuelle, et de proposer des pistes nouvelles.

Elle permettrait ainsi d’offrir, des grilles de lecture susceptibles de se rapprocher de la réalité de la complexité du monde contemporain. Des grilles de lecture qui, par-dessus tout, faciliteraient la rencontre entre différents peuples, différentes cultures, différents rapports au monde; dans un élan de poursuite d’intérêts et de valeurs partagées, et essentielles à leur durabilité ainsi qu’à leur pérennité.

  1. Objectifs

L’objectif de cette rencontre est, entre autre, de permettre un échange de point de vue et de créer une synergie de pensée et d’action, entre les différentes perceptions et perspectives de l’idée de ‘’gouvernance’’, dans son sens actuel et dans ce qu’elle devrait devenir, aussi bien dans les pays que dans les différentes institutions nationales, régionales et globales.

Le second objectif est de proposer des pistes de réflexion de nature à renforcer l’émergence d’une gouvernance qui transcende les considérations artificielles et abstraites, pour trouver, dans leur opérationnalisation, des formes à la fois pertinentes, réalistes et rationnelles, capables d’accompagner les dynamiques actuelles, tant au plan national, régional, qu’universel.

Le troisième est de proposer à la communauté des chercheurs, penseurs et décideurs, publics et privés, de s’accorder autour d’un ou de concepts nouveaux et plus fédérateurs, capables de générer un modèle de gouvernance, qui tient compte du caractère particulier de cette période de l’histoire, des trajectoires actuelles des sociétés, des aspirations et valeurs humaines d’aujourd’hui, des dynamiques contemporaines de la citoyenneté et des développements scientifiques, éthiques et technologiques, autant que celles en lien avec l’ensemble des problèmes et opportunités qu’elles secrètent, en imaginant les stratégies et moyens capables d’anticiper les risques qui pourraient en découler.

Enfin, le quatrième objectif est de faciliter une ou des formes nouvelles de coopération entre différentes institutions, susceptibles d’accompagner les transformations et mutations actuelles dans ce domaine spécifique ou dans des domaines connexes.

  1. Thèmes à débattre: 
  1. Considérations générales autour de l’idée de gouvernance et problématique de la responsabilité dans la mise en œuvre des ODD;
  2. La pertinence et actualité de la «Bonne gouvernance» à l’épreuve des dynamiques politiques et économiques contemporaines à la lumière de la poursuite des ODD;
  3. La Gouvernance démocratique et Responsable à l’épreuve de la diversité culturelle et contextuelle pour une optimisation des ODD;
  4. La problématique de la Gouvernance et précarité sécuritaire entre approche préventive et approche réactive dans la mise en œuvre efficace des ODD;
  5. Globalisation de la gouvernance et rôle des collectivités locales dans l’implémentation des ODD;
  6. La transformation de la Gouvernance de la Gouvernance par les Technologies de l’Information et de la Communication dans la perspective des ODD;
  7. La Gouvernance de la sécurité et le rôle des Organisations Régionales dans l’accompagnement des stratégies d’implémentation des ODD;
  8. Gouvernance de l’éducation et de la formation dans la construction des nouvelles identités, le partage des valeurs et le renforcement de la coopération internationale en matière d’opérationnalisation des ODD;
  9. La question du genre et problématique de la Gouvernance Responsable dans l’implémentation des ODD;
  10. La Gouvernance Publique Responsable: la trajectoire vers une gouvernance transversale efficace et humaine en vue de l’atteinte optimale des ODD;
  11. Les rôles des réformes des institutions dans le renforcement et l’implémentation d’une Gouvernance Responsable à la lumière des ODD;
  12. Le partage des valeurs comme stratégie d’inclusion et de participation à la mise en œuvre des ODD. 
  1. Publics cibles:

Le forum est organisé dans le cadre du forum ministériel annuel du CAFRAD sur la Modernisation de l'Administration Publique et de la Gouvernance dans les pays africains. Il s'agit d’un forum politique et stratégique de haut niveau pour les Ministres et leurs hauts fonctionnaires. Ils comprennent: 

  • Ministres en charge de la Fonction Publique, du Travail, de la Réforme Administrative et de l’État, y compris leurs conseillers (et Directeurs) en charge de la réforme et de l'innovation;
  • Ministres en charge de la Gouvernance, de la Planification et de l'Elaboration des Politiques;
  • Présidents des Commissions Nationales en charge de l'Administration Publique, de la Gouvernance et de la Réforme de l'Etat;
  • Directeurs Généraux des Ecoles Nationales et Instituts d'Administration Publique;
  • Conseillers Spéciaux dans les bureaux du Premier Ministre et de la Présidence, en charge de la Planification, de l'Innovation et de la Gouvernance;
  • Représentants des Institutions Partenaires impliqués dans les questions du forum. 
  1. Résultats attendus: 

Compte tenu des diverses questions qui seront examinées au cours des sessions, l’objectif visé est notamment de donner à l’Afrique un ressort nouveau de construction de sa gouvernance à partir des ‘’valeurs partagées’’, et compatibles avec les standards internationaux. La réunion permettra, en outre, de contribuer à l’amélioration des performances dans les administrations publiques des pays africains. Il s’agira en définitive de mettre en place des stratégies et notamment faire recours à une Gouvernance Responsable ainsi qu’à l’évolution des TIC pour atteindre les Objectifs de Développement Durable visés par les Etats au plan International.

  1. Personnes ressources:           

Les travaux se dérouleront sous la conduite de personnes expérimentées qui restitueront la problématique de la gouvernance responsable et de l’Etat de droit, dans le cadre d’un questionnement théorique et contextuel. Elles animeront les débats, distribueront la parole et orienteront les discussions, dans le sens de la construction d’une stratégie destinée à mettre en place une véritable synergie, axée sur l’objectif de gouvernance responsable et celui de Développement Durable.

  1. Méthodologie: 

Les travaux se dérouleront en plénière. Chaque exposé devra faire l’objet d’une présentation en document Word et Power Point.  

Date: 21 juin 2018

Lieu: Marrakech (Maroc).

Langues: Les travaux se dérouleront en français, anglais, arabe, espagnol et portugais.

 INFORMATIONS DE BASE